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Chapitre XXIII. Du magistrat civil

Chapitre XXIII. Du magistrat civil

Chapitre XXIII. Du magistrat civil | Révisions de la CFW - Standards de Westminster

III. Le magistrat civil ne doit pas s'arroger l'administration de la Parole et des sacrements, ni le pouvoir des clés du royaume des cieux. Cependant, il a l'autorité, et c'est son devoir, de veiller à ce que l'unité et la paix soient préservées dans l'Église, à ce que la vérité de Dieu soit conservée pure et entière, de supprimer toutes les hérésies et blasphèmes, d'empêcher ou de réformer toutes les corruptions et abus dans l'adoration et la discipline, et de faire dûment établir, administrer et observer toutes les ordonnances de Dieu. Pour le meilleur accomplissement de tout cela, le magistrat civil a le pouvoir de convoquer des synodes, d'y assister, et de veiller à ce que tout ce qui s'y décide soit conforme à la pensée de Dieu.

Révision de 1788 :
III. Les magistrats civils ne doivent pas s'arroger l'administration de la Parole et des sacrements, ni le pouvoir des clés du royaume des cieux ; ni s'ingérer le moins du monde dans les matières de foi. Cependant, comme des pères nourriciers, c'est le devoir des magistrats civils de protéger l'Église de notre commun Seigneur, sans donner la préférence à aucune dénomination de chrétiens sur les autres, de telle manière que toutes les personnes ecclésiastiques, quelles qu'elles soient, jouissent de la pleine, libre et incontestée liberté de s'acquitter de chaque partie de leurs fonctions sacrées, sans violence ni danger. Et, comme Jésus-Christ a établi dans son Église un gouvernement et une discipline réguliers, aucune loi d'aucun État ne doit s'ingérer dans leur dû exercice, l'entraver ou l'empêcher, parmi les membres volontaires de quelque dénomination de chrétiens que ce soit, selon leur propre profession et croyance. C'est le devoir des magistrats civils de protéger la personne et la bonne réputation de tout leur peuple, d'une manière si efficace qu'il ne soit permis à personne, sous prétexte de religion ou d'incrédulité, de faire subir indignité, violence, outrage ou tort à qui que ce soit d'autre ; et de prendre les dispositions nécessaires pour que toutes les assemblées religieuses et ecclésiastiques se tiennent sans être molestées ni troublées.

Ce qui a changé et quand. C'est le plus grand changement de tous : en 1788, le paragraphe fut récrit presque en entier. Seule fut conservée la première phrase, celle qui interdit au magistrat de prêcher, d'administrer les sacrements ou d'exercer la discipline.
Le même Synode porta le changement dans le Grand Catéchisme : dans la liste des péchés interdits par le second commandement (réponse 109), il supprima les mots « le fait de tolérer une fausse religion ».

Pourquoi. Pour les mêmes raisons qu'au chapitre XX : la réserve de 1729, l'expérience de l'ingérence du pouvoir civil, la situation de la nouvelle république et, surtout, le changement d'esprit qui y est décrit. On le présente d'ordinaire comme une défense contre l'abus d'autorité de l'État dans les affaires de l'Église. Mais ce n'est pas une simple retouche : ce sont deux idées différentes de ce que le magistrat doit faire. Dans le texte de 1647, il a le devoir de protéger la vraie religion et de réprimer la fausse ; dans celui de 1788, il ne peut préférer aucune dénomination, et son devoir est de les protéger toutes également, ainsi que toutes les personnes.

Sur quoi s'appuyait le texte de 1647. L'Assemblée cite Ésaïe 49:23, Psaumes 122:9, Esdras 7:23, Esdras 7:25-28 et 2 Chroniques 19:8-11. La révision conserve l'image des « pères nourriciers » d'Ésaïe 49:23, mais lui donne un contenu différent.

Ce que montre ce changement. Ici l'entrée est visible dans le vocabulaire même. Trois expressions du texte de 1788 n'ont pas d'équivalent dans celui de 1647 : l'Église y apparaît répartie en « dénominations de chrétiens », toutes égales devant l'État ; ses membres sont des « membres volontaires », comme ceux d'une association ; et le magistrat doit empêcher le tort qui se ferait « sous prétexte de religion ou d'incrédulité », de sorte que l'une et l'autre se trouvent placées sur le même plan. C'est le langage du libéralisme politique de son siècle, mis à l'intérieur d'une confession de foi.
Ceux qui défendent la révision répondent que les textes de l'Assemblée parlent des rois de Juda ou d'un roi de Perse et ne fixent pas une norme pour tout gouvernant, et que donner au magistrat autorité sur la doctrine, c'est lui livrer l'Église. L'Assemblée n'ignorait pas ce danger : le même paragraphe commence par lui refuser la Parole, les sacrements et les clés. Ce qu'elle soutenait, c'est ce que l'on a historiquement appelé le principe d'établissement. Ce n'est pas une théocratie, et il ne confond pas les deux juridictions : l'Église et l'État sont distincts, et aucun ne doit empiéter sur l'office de l'autre. Mais le gouvernant, en tant que gouvernant, doit reconnaître et servir Christ, et protéger son Église.
Deux précisions, pour ne pas attribuer à la révision ce qu'elle ne dit pas. Le texte de 1788 n'est pas laïciste : il continue de parler de « l'Église de notre commun Seigneur » et oblige le magistrat à protéger la personne de tout son peuple. Celui qui voit aujourd'hui comme une atteinte à la séparation de l'Église et de l'État le fait de s'opposer à l'avortement ou à l'euthanasie est allé beaucoup plus loin que les réviseurs de 1788 ; mais il a continué de marcher sur le chemin qu'ils ont ouvert. Et le texte de 1647 ne demande pas non plus d'appliquer sans plus la loi civile de l'Ancien Testament : la Confession enseigne que ces lois judiciaires expirèrent avec l'État d'Israël et n'obligent que dans la mesure où leur équité générale le requiert (chapitre XIX, paragraphe IV).