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Sans toucher au texte : les actes déclaratoires

Sans toucher au texte : les actes déclaratoires

Sans toucher au texte : les actes déclaratoires | Révisions de la CFW - Standards de Westminster

L'autre méthode. En Écosse, on n'a jamais changé un mot de la Confession de 1647. Ce que l'on a changé, c'est ce que signifie la souscrire. L'instrument en a été l'acte déclaratoire : une décision du synode ou de l'assemblée qui déclare en quel sens l'Église reçoit la Confession, ou quelles parties de celle-ci elle cesse d'exiger.

Ce qui fut fait et quand.
1879. L'Église presbytérienne unie d'Écosse est la première à relâcher la souscription. Son acte déclare que les normes subordonnées, « étant de composition humaine, sont nécessairement imparfaites », et reconnaît la diversité d'opinion sur les points de la Confession qui n'entrent pas dans « la substance de la foi réformée », l'Église se réservant de déterminer quels ils sont.
1889. L'Église d'Écosse relâche à son tour la formule de souscription.
1892. L'Église libre d'Écosse, qui cherchait à s'unir à l'Église presbytérienne unie, approuve un acte semblable. Il déclare que l'Église rejette les « principes intolérants ou persécuteurs », et qu'elle ne considère pas ses officiers comme engagés, en signant la Confession, envers quelque principe que ce soit qui serait incompatible avec « la liberté de conscience et le droit de jugement privé » ; et il répète la clause sur « la substance de la foi réformée ». Une minorité se sépara l'année suivante pour cette cause et forma l'Église presbytérienne libre d'Écosse. L'union fut consommée en 1900.
1986. L'Église d'Écosse se désolidarise expressément de quatre passages de la Confession : celui des vœux monastiques (chapitre XXII), celui du mariage avec des catholiques romains (XXIV), celui du Pape comme Antéchrist (XXV) et celui de la messe (XXIX).
Hors d'Écosse, on a fait la même chose. L'Église presbytérienne d'Australie reçoit la Confession lue à la lumière d'une déclaration annexe. Et la Déclaration américaine de 1903 elle-même, dont traite l'article précédent, appartient à ce genre.

Pourquoi. Les actes écossais du XIXe siècle ont un motif déclaré : rendre possible l'union entre des Églises qui ne croyaient plus la même chose au sujet de la Confession, sans obliger aucune d'elles à le dire. Et un vocabulaire qui ne laisse aucun doute sur son origine : « liberté de conscience » et « droit de jugement privé » sont, mot pour mot, les mots d'ordre du libéralisme de leur siècle.

Ce que montre cette méthode. Tout acte déclaratoire n'est pas une échappatoire. L'Église d'Écosse approuva la Confession en 1647 avec un tel acte, qui précise en quel sens elle entendait un paragraphe sur les synodes : déclarer comment on entend un texte est légitime. Ce que font les actes de 1879 et de 1892 est autre chose : ils n'expliquent pas le texte, mais autorisent à ne pas le croire, et sans dire en quoi. « La substance de la foi réformée » n'est définie nulle part ; chacun reste libre de décider ce qui y entre, et la Confession cesse d'être une norme pour devenir un document historique.
En faveur de cette méthode, on allègue qu'il est plus honnête de reconnaître ouvertement ses scrupules que de signer avec des réserves mentales, et qu'aucune confession n'est infaillible. Les deux choses sont vraies. Mais l'honnêteté demande alors de dire quels points l'on ne croit pas, et en vertu de quel texte de l'Écriture, ce que firent les Américains en 1729 et en 1788, pour le meilleur ou pour le pire. Une clause générale n'est pas une réserve : c'est un chèque en blanc.
Le résultat, comparé au chemin américain, est instructif. Celui qui change le texte laisse à découvert ce qu'il a changé, et d'autres peuvent revenir en arrière, comme cela arriva en 1936. Celui qui conserve le texte et change la souscription conserve le prestige de la Confession et en perd le contenu, sans qu'il reste trace du moment où il l'a perdu.